Pour contrôler les formulations vantant d'hypothétiques bénéfices pour la santé de certains produits alimentaires, l'Europe s'est dotée d'une nouvelle réglementation. Elle oblige les industriels à plus de rigueur, mais les libellés risquent d'être incompréhensibles pour le consommateur. Pour vanter les bienfaits de leurs produits sur la santé, les industriels de l'agroalimentaire vont devoir apprendre à constituer des dossiers scientifiques argumentés.
Le marché des aliments santé, c'est-à-dire ceux qui revendiquent un bénéfice sur une fonction de l'organisme, est estimé à 35 milliards d'euros dans le monde en 2009. C'est un des segments les plus dynamiques, avec une croissance moyenne de 5 % à 7 % par an. Mais, pour que le consommateur y trouve son compte, encore faut-il que les vertus attribuées aux produits soient vraies. Or, jusqu'à présent, il suffisait qu'elles soient vraisemblables. Jusqu'en juillet 2007, l'évaluation des allégations était en effet réalisée par chaque pays, et a posteriori. Les industriels n'avaient guère de comptes à rendre, sauf si la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) jugeait une allégation susceptible de « tromper le public ».
Le développement de ce marché et le sort différent réservé à ces produits d'un pays à l'autre ont conduit à souhaiter une harmonisation et une moralisation des pratiques au niveau européen, pour une meilleure protection du consommateur. D'où le règlement européen du 20 janvier 2006, applicable depuis juillet 2007. Cette nouvelle réglementation impose à tout produit portant une nouvelle allégation l'obtention, avant commercialisation, d'une autorisation de l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), sur la base d'un dossier scientifique rigoureux. Quant aux produits existants, ils auront six mois pour se mettre en règle une fois l'avis de l'Efsa publié au « Journal officiel des Communautés européennes ».
Un panel de 21 experts scientifiques a été chargé d'établir la liste des allégations autorisées parmi plus de 4.000 retenues pour examen. Un premier lot de 417 allégations évaluées a été rendu public en octobre 2009 (mais non publié encore au « JOCE ») et le prochain est attendu d'ici à la fin du mois de février.
Source : CATHERINE DUCRUET, Les Echos - 15/02/10
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