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Bientôt une taxe sur le sel ?

La commission d'enquête sur l'alimentation industrielle proposera une taxe sur les produits salés dans son rapport fin septembre, d'après les informations du Figaro.

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12 grammes par jour. C'est la consommation moyenne de sel en France, "deux fois plus que les 5 grammes recommandés par l'Organisation mondiale de la santé" indique au Figaro Michèle Crouzet, députée LREM et rapporteuse de la commission d'enquête parlementaire sur l'alimentation industrielle. Cette commission présidée par Loïc Prud'homme (LFI) proposera dans son rapport en septembre de taxer les produits trop salés dans l'optique d'inciter les fabricants industriels à diminuer leurs taux salins. En effet, la majorité du sel absorbé par les consommateurs ne vient pas de leur main, mais du sel présent dans les produits transformés : pains artisanaux ou plats préparés.

Les députés réfléchissent à calquer cette taxe sur le modèle de la taxe soda, c'est-à-dire proportionnelle au taux de sucre dans la boisson, et non fixe en fonction d'un seuil. Depuis 2013 et l'instauration de la taxe soda, les gros poissons du secteur agroalimentaire travaillent à réduire entre 15 et 30% la teneur en sel et en sucre de leurs produits, rapporte Le Figaro. Mais ce sont des engagements volontaires, peu contraignants et "insuffisants" selon Loïc Prud'homme. Idem pour le dispositif Nutriscore, instauré en 2016 qui permet de donner une note aux produits en fonction de leur qualité nutritionnelle. "Récompenser financièrement les bons élèves ne suffit pas, il faut contraindre les fabricants à déshabituer leurs clients à manger trop sucré ou salé. Rien ne justifie les doses que l'on trouve dans beaucoup de plats", détaille Michèle Crouzet au Figaro.

Maladies cardiovasculaires : une addition salée

Et les conséquences sont graves. Les effets néfastes sur la santé ont été démontrés à plusieurs reprises (accidents cardiovasculaires, maladie chronique, obésité...). Sans parler du coût que cette surconsommation génère : à elles seules, les maladies cardiovasculaires coûtent de 12 à 15 milliards d'euros par an. La taxe sur le sel permettrait de rééquilibrer en partie la balance. D’après le syndicat des Boissons rafraîchissantes de France (BRF), la taxe soda -qui touche aussi les boissons édulcorées- coûte chaque année 520 millions d'euros aux industriels.

Même en instaurant une taxe industrielle, les efforts ne seraient pas suffisants. "Très souvent, on peut enlever tout de suite 20 % de sel, sans conséquence sur le goût ou la sécurité. Ensuite libre à chacun de rajouter ou non du sel dans son assiette. C'est là qu'intervient le volet éducatif", préconise Michèle Crouzet. Les députés conseillent alors de renforcer la sensibilisation dans les écoles sur les bons gestes alimentaires et limiter à la télévision la publicité pour les produits très transformés pendant les programmes jeunesse.

Source : capital.fr